Le plus gros gâchis du papier, ce n'est pas le papier

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Le plus gros gâchis du papier, ce n'est pas le papier

La question revient souvent : « c'est écolo d'imprimer des livrets papier ? ».

Sur le second semestre 2023, France Messagerie a relevé 62,4 % d'invendus sur les mensuels qu'elle distribue en kiosque, et 66,1 % sur les bimestriels. Les revues de jeux sont dans ces périodicités-là. OQP n'a jamais vendu un seul exemplaire en kiosque et n'a mis au pilon aucun exemplaire depuis le début du projet, parce que chaque édition est imprimée après les précommandes.

62 % des mensuels ne sont jamais vendus

Le chiffre sort de la comptabilité de la distribution. France Messagerie, qui distribue la presse dans les points de vente français, publie ses taux d'invendus par périodicité. Sur le second semestre 2023, sur les titres qu'elle distribue : les mensuels, 62,4 % d'invendus. Les bimestriels, 66,1 %. Les trimestriels, 61,3 %. Les hors-séries, 65,3 %. Tous titres confondus, 52,3 %.

Les revues de jeux de kiosque, celles qu'on trouve à côté des chewing-gums dans les gares, sont très exactement dans ces cases-là. Bimestrielles, trimestrielles, ou en hors-série. Autrement dit, dans ces catégories, sur trois exemplaires distribués, deux repartent sans avoir jamais été ouverts. Le papier, l'encre, le camion à l'aller, le camion au retour, le tri, la destruction.

La mécanique du dépôt-vente

En kiosque, l'exemplaire reste la propriété de l'éditeur jusqu'à ce que quelqu'un l'achète. Le buraliste renvoie ce qui n'est pas parti et il est remboursé. Personne ne perd d'argent sur l'invendu à l'endroit où il se voit, donc le réflexe est de saturer : plus tu couvres de linéaire, plus tu as de chances d'être vu, et le calcul reste presque toujours favorable côté éditeur.

Ajoute que le tirage se décide des mois à l'avance, sur une prévision, et tu as un système qui produit structurellement deux fois trop. Le papier des invendus part majoritairement au recyclage, ce qui vaut mieux que la décharge. Recycler du papier qui n'a servi à personne reste un drôle d'objectif.

Nous, on imprime après avoir compté

Une édition OQP est ouverte en précommande avant d'exister physiquement. On regarde combien de gens ont dit oui, et le tirage se cale là-dessus, avec une petite marge volontairement courte pour les commandes qui arrivent après.

On vend en direct sur oqp.fr et chez des libraires et des concept stores. Pas de kiosque, pas de grande distribution, pas de palette qui part couvrir un linéaire national en espérant. Ce qui est imprimé est destiné à quelqu'un avant d'être imprimé.

Résultat : OQP n'a pas détruit un seul exemplaire depuis le début. Les seuls livrets qui sortent du circuit sont ceux qui s'abîment au transport, et ceux-là partent à prix réduit ou en don à des associations. Une couverture cornée n'a jamais empêché personne de remplir une grille.

Ce n'est pas un exploit environnemental, c'est juste ce qui arrive quand on n'imprime pas avant de savoir. Sauf que dans notre rayon, ce n'est très clairement pas la norme.

Ce que ça coûte

Un petit tirage coûte nettement plus cher à l'exemplaire qu'un gros. C'est une des raisons pour lesquelles un livret OQP est à 9,90 € et pas à 4,50 € comme une revue de gare, avec 35 grilles écrites une par une plutôt que générées.

L'autre revers, c'est qu'on est parfois en rupture pendant quelques jours entre deux impressions. On s'en excuse à peu près tous les deux mois sur le Discord, et c'est le prix à payer pour ne rien jeter.

Ce que ça change dans le livret lui-même

Quand tu sais que ce que tu imprimes va être lu, tu ne remplis pas les pages pareil. Une revue tirée à 200 000 exemplaires dont 130 000 partiront au recyclage a besoin de grilles produites vite et en volume. Nous on met des mois sur une édition, les mots viennent de la commu, ils sont proposés, votés et testés, et une grille qui ne marche pas est jetée avant l'impression plutôt qu'après.

C'est le même raisonnement que pour les labels : le papier certifié PEFC, les encres végétales et l'imprimeur à côté de Nantes comptent, et ils comptent moins que la question de savoir si la page sera lue.

Et si tu ne veux pas de papier du tout

Les cinq premières grilles de chaque livret sont jouables gratuitement sur l'appli, sans créer de compte. On ne va pas te raconter qu'un serveur ne consomme rien, mais si ta question de départ c'était vraiment le papier, la réponse existe et elle est gratuite.

Une partie des gens qui achètent le livret jouent aussi sur l'appli, et l'inverse est vrai. Les deux ne se remplacent pas : le livret se prête, se griffonne, s'emmène en rando sans batterie et se retrouve trois ans après dans un carton.

Ce qu'on ne prétend pas

On n'a pas de bilan carbone, donc on ne va pas t'annoncer un pourcentage de CO2 économisé. On ne prétend pas non plus être plus écolos que telle ou telle marque nommément : les cahiers modernes qui sortent en ce moment travaillent souvent avec de bons imprimeurs français, certifiés eux aussi, et on ne connaît pas leurs volumes. Notre couverture est pelliculée comme les leurs.

Ce qu'on affirme est plus étroit et plus vérifiable. Les taux d'invendus de la presse en kiosque sont publics et ils sont énormes. OQP ne vend pas en kiosque, imprime après les précommandes et n'a détruit aucun exemplaire depuis le début. Sur ce point précis, on fait mieux, et n'importe qui peut aller lire les chiffres.

Les questions qu'on nous pose

Quel est le taux d'invendus de la presse en kiosque en France ?

Sur le second semestre 2023, France Messagerie a relevé 62,4 % d'invendus sur les mensuels, 66,1 % sur les bimestriels, 61,3 % sur les trimestriels et 65,3 % sur les hors-séries, pour 52,3 % tous titres confondus. Ces taux portent sur les exemplaires distribués aux points de vente.

Pourquoi les éditeurs de presse impriment-ils autant d'invendus ?

Parce que la presse en kiosque fonctionne en dépôt-vente : l'exemplaire reste la propriété de l'éditeur jusqu'à l'achat et le point de vente est remboursé de ce qu'il n'a pas vendu. Saturer le linéaire augmente la visibilité sans coût visible au point de vente, et le tirage se décide des mois à l'avance sur une prévision.

Que deviennent les livrets OQP invendus ?

Aucun n'est détruit. OQP ouvre chaque édition en précommande et cale le tirage sur les commandes enregistrées. Aucun exemplaire n'a été mis au pilon depuis le début du projet, et les livrets abîmés pendant le transport sont revendus à prix réduit ou donnés à des associations.

OQP est-il vendu en kiosque ou en grande distribution ?

Non. OQP vend en direct sur oqp.fr et chez des libraires et concept stores, sans passer par le circuit des messageries de presse ni par la grande distribution.

Un livret de mots fléchés papier est-il écologique ?

Le papier lui-même pèse peu par rapport à ce qui se joue en amont. Un livret imprimé sur papier certifié à l'encre végétale et effectivement lu a un impact sans commune mesure avec un exemplaire de kiosque imprimé, transporté deux fois puis détruit sans avoir été ouvert. La bonne question porte moins sur la matière que sur la proportion d'exemplaires qui trouvent un lecteur.

Où les trouver

Les livrets sont à 9,90 € : n°1, n°2, n°3, sudokus. Et si tu veux recevoir les prochaines éditions sans y penser, il y a l'abonnement, 4 numéros par an, qui est aussi la façon la plus simple pour nous de savoir combien imprimer.

Le détail complet de la fabrication, imprimeur, papier, emballage et transporteur, est dans le premier article de la série.

 

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